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Radiologie interventionnelle : un potentiel médical à exploiter davantage au Maroc

Radiologie interventionnelle : un potentiel médical à exploiter davantage au Maroc

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Dr BOUMEHDI Bounhir, médecin radiologue
 
Moins de cicatrices, moins de douleur, des séjours hospitaliers écourtés : la radiologie interventionnelle transforme profondément la manière de soigner. 
Cette discipline associe l’imagerie médicale à des gestes thérapeutiques mini-invasifs, permettant de stopper une hémorragie, déboucher une artère, drainer un organe infecté ou traiter une tumeur par embolisation. 
 
Dans le monde, plus de dix millions de procédures sont réalisées chaque année et, dans sept cas sur dix, elles remplacent une chirurgie lourde.
 
Au Maroc, cette pratique s’est installée depuis quelques années dans plusieurs domaines : infiltrations, biopsies, drainages, poses de prothèses biliaires, gestes diagnostiques et thérapeutiques, traitement de varicocèle ou encore radiofréquence. 
 
On la retrouve dans de nombreuses spécialités, de la cardiologie à la neurologie, en passant par la gynécologie, l’urologie ou la gastro-entérologie, avec un pivot central : le guidage radiologique. 
 
Des centres privés à Casablanca, Rabat ou Marrakech réalisent déjà une part importante de ces actes, même si la discipline demeure concentrée dans les grandes métropoles.
 
Les obstacles restent cependant réels. 
 
Le nombre de radiologues interventionnels formés est encore limité, les salles d’angiographie dédiées rares, et la formation universitaire vient seulement d’amorcer un virage qualitatif avec le lancement d’un premier diplôme à Marrakech en 2025. 
 
L’accès demeure inégal entre les grandes villes et le reste du territoire. 
 
Sur le plan financier, la majorité des gestes interventionnels sont aujourd’hui remboursés par les organismes payeurs, à l’exception de certaines techniques comme la radiofréquence. 
 
Mais la tarification reste peu lisible, ce qui freine la démocratisation de ces pratiques.
 
Le Maroc dispose pourtant d’atouts pour avancer. 
 
Son infrastructure hospitalière est en pleine modernisation, et ses praticiens commencent à s’imposer sur la scène internationale : l’un des radiologues interventionnels reconnus dans le monde est d’ailleurs Marocain, le Dr Hajjam, installé en France. 
 
La radiologie interventionnelle illustre ainsi un paradoxe : discipline de pointe, porteuse d’immenses promesses, mais encore balbutiante dans son ancrage national.
 
Si son avenir est porteur d’espérances, il repose sur une histoire international jalonnée d’innovations. 
 
En 1953, Sven-Ivar Seldinger invente la technique de ponction qui fonde la discipline. 
 
En 1964, Charles Dotter sauve une patiente de l’amputation grâce à la première angioplastie percutanée. 
 
Suivent les embolisations thérapeutiques dans les années 1970, le TIPS en 1982, l’embolisation des fibromes utérins dans les années 1990, puis la thrombectomie mécanique en 2015, qui révolutionne la prise en charge des AVC. 
 
De la première ponction guidée par l’image à la robotique assistée par intelligence artificielle, la radiologie interventionnelle a parcouru un chemin spectaculaire.
 
Pour le Maroc, le défi est désormais clair : transformer ce potentiel en une médecine réellement accessible, équitable et durable, capable d’incarner une santé plus humaine et plus innovante.

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Informations

Centre de Radiologie L'Opéra

Télephone: (212) 05 37 85 00 22
Fax: (212) 05 37 86 00 22
Adresse: Av Mohammed V Tabriquet
CP 11 000 - Salé
Maroc

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