Par Dr Bounhir BOUMEHDI
Médecin-Radiologue
Il y a des signes que le cœur envoie en urgence, tel un SOS vital qu’il serait criminel d’ignorer.
Parce que le cœur ne prévient pas toujours.
Parce qu’une minute peut tout changer.
Parce que certaines douleurs ne sont pas de simples courbatures ni de banals coups de fatigue.
Faites très attention à ces signaux d’alarme cardiaques qui doivent faire bondir vers les urgences — sans détour, sans délai.
1. Douleur thoracique : le signal rouge
La fameuse douleur dans la poitrine.
Souvent sourde, en étau, parfois irradiante vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos.
Elle peut durer quelques minutes ou plus, accompagnée d’une sueur froide et d’une sensation de mort imminente.
Ce n’est pas une crise d’angoisse.
C’est peut-être un infarctus du myocarde.
Et chaque seconde compte.
2. Essoufflement brutal ou inexpliqué
Monter un escalier n’a jamais été un problème.
Et soudain, le souffle manque, le cœur cogne dans la poitrine, comme affolé.
Ce n’est pas de la paresse ni une simple fatigue : c’est peut-être une embolie pulmonaire, une décompensation cardiaque ou une arythmie sévère.
3. Malaise ou syncope
Une perte de connaissance, même brève, peut révéler un trouble du rythme cardiaque grave, un rétrécissement valvulaire ou un début d’arrêt cardiaque.
Ne jamais banaliser un malaise.
Encore moins s’il s’accompagne de palpitations ou d’une pâleur soudaine.
4. Palpitations inhabituelles
Le cœur s’emballe sans raison.
Les battements deviennent irréguliers, rapides, ou sautent parfois.
Ce n’est pas toujours bénin. Une fibrillation auriculaire, un flutter ou une tachycardie ventriculaire peuvent menacer la vie à court terme.
5. Douleurs digestives atypiques chez les diabétiques
Chez les patients diabétiques, l’infarctus peut se manifester de façon trompeuse : brûlures d’estomac, nausées, vomissements…
Ce n’est pas toujours une gastrite.
Le cœur se cache parfois dans le ventre.
Les examens radiologiques à réaliser en urgence :
Quand le cœur appelle au secours, les médecins ont besoin de voir, et vite.
1. Radiographie thoracique :
Simple, rapide, incontournable.
Elle permet de visualiser la taille du cœur, l’état des poumons, la présence d’un œdème aigu du poumon ou d’un pneumothorax.
2. Échographie cardiaque (ou ETT) :
L’arme de première ligne pour voir le cœur battre en direct.
Évalue la fonction des ventricules, détecte un épanchement péricardique ou un trouble valvulaire.
À faire en salle d’urgence dès suspicion de défaillance cardiaque.
3. Angioscanner thoracique :
Indispensable en cas de suspicion d’embolie pulmonaire ou de dissection aortique.
C’est l’imagerie de la vérité quand la douleur thoracique est atypique, brutale et fulgurante.
4. Coronarographie d’urgence :
Ce n’est pas de la radiologie classique, mais c’est la clé du salut en cas d’infarctus avec un EEG particulier (sus-décalage du segment ST).
Elle visualise les artères coronaires, identifie l’obstruction, et permet l’angioplastie dans la foulée.
Le timing ? Moins de 90 minutes après le début des symptômes.
Conclusion : Le cœur ne joue jamais au bluff
Si vous ressentez un de ces signes, ne perdez pas une minute.
Appelez les urgences, allez aux soins intensifs si nécessaire.
Et exigez les examens adaptés.
Parce que le cœur n’attend pas.
Parce que la vie est précieuse.
Et parce que prévenir, c’est déjà soigner.

