Dr BOUMEHDI Bounhir, médecin radiologue
Une occasion Africaine de nouer un partenariat entre FRMF, voir la FIFA, avec les centres de radiologie du secteur libéral. Pour parer aux urgences radiologiques des spectateurs et des joueurs.
Ce sera également une expérience grandeur nature en prévision de la coupe du monde de 2030.
Lors d’une grande compétition sportive comme la Coupe d’Afrique des Nations, le ballon attire tous les regards, mais une autre sphère tourne en coulisses avec une précision vitale : celle de l’imagerie médicale.
Sans elle, pas de décision rapide, pas de retour éclair sur le terrain, pas de détection fine des blessures profondes.
Le Maroc, hôte de la CAN, déploie theoriquement dans chaque ville organisatrice une logistique médicale impressionnante où la radiologie de proximité devient un maillon décisif.
À Tanger, Rabat, Casablanca, Marrakech ou Agadir, on ne parle plus seulement de stades, mais de scanners, d’IRM, de radios numériques et d’échographes portables qui accompagnent joueurs, arbitres et équipes médicales.
Car au football de haut niveau, chaque minute d’hésitation peut coûter un trophée ou une carrière.
Lorsqu’un défenseur s’effondre après un choc violent, la question est immédiate : fracture ou simple contusion ?
La radiographie numérique située à proximité du stade permet en quelques minutes de trancher.
Elle confirme ou écarte une fracture métatarsienne, une fêlure du péroné ou une fracture du poignet, blessures fréquentes dans les duels musclés de la CAN.
Sans cette imagerie immédiate, impossible de choisir : laisser jouer, remplacer ou hospitaliser.
La radiologie évite l’erreur et protège la carrière du joueur.
Lorsqu’un attaquant ressent une douleur soudaine à l’arrière de la cuisse, tout le banc retient son souffle.
Contracture ou claquage ?
L’échographie portable réalisée dans les coulisses du stade apporte une réponse immédiate.
Une simple contracture permet parfois un retour rapide, alors qu’une déchirure impose un arrêt net.
L’échographie devient une boussole indispensable pour décider du sort du joueur et préserver la suite du tournoi.
Face aux commotions cérébrales, le scanner joue un rôle vital.
Les chocs tête contre tête sont fréquents et leurs conséquences peuvent être graves.
La présence d’un scanner cérébral à proximité des stades permet de détecter sans délai un hématome, une contusion ou un œdème débutant.
En quelques minutes, la décision médicale s’impose : repos strict ou transfert en urgence.
Dans un tournoi intense, le scanner n’est pas un luxe, mais une assurance-vie.
Les blessures articulaires représentent l’une des grandes craintes de la compétition.
Genou qui tourne, cheville qui craque, ménisque ou ligament en danger.
L’IRM devient alors le juge suprême.
Elle permet de confirmer ou d’exclure une rupture, d’évaluer la gravité et d’orienter la prise en charge.
Avoir une IRM disponible dans les villes hôtes permet d’accélérer le diagnostic et d’éviter des décisions hasardeuses.
Une IRM peut parfois sauver une saison… ou un genou.
L’imagerie joue également un rôle discret mais essentiel dans le suivi des joueurs entre deux matchs.
Les équipes médicales utilisent l’échographie pour évaluer la cicatrisation d’un claquage, l’IRM pour surveiller un tendon ou la radiographie pour contrôler une fracture consolidée.
Ces informations permettent d’adapter la charge d’entraînement, d’éviter les rechutes et d’optimiser la performance jusqu’au dernier match.
La Coupe d’Afrique des Nations ne se joue pas uniquement sur les terrains, dans les dribbles ou dans les stratégies des entraîneurs.
Elle se joue aussi dans les salles de radiologie où médecins, manipulateurs et techniciens deviennent des acteurs silencieux mais essentiels.
En dotant ses villes hôtes d’infrastructures d’imagerie performantes et accessibles, ou en exploitant l’existant sous firme de partenariat, le Maroc fait entrer la CAN dans une nouvelle ère où la médecine sportive accompagne la victoire autant que le talent.

