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Place de l’échographie dans les maladies de la glande thyroïde ?

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echographie glande thyroide 09062022

Dr Bounhir BOUMEHDI
Médecin Radiologue

Comment mieux prendre en charge les pathologies de la thyroïde ? Dans quelles situations une échographie est-elle pertinente ? Quand faut-il faire un prélèvement selon la technique de la cytoponction ?

La Haute autorité sanitaire (HAS) et le Conseil national professionnel de radiologie et d’imagerie médicale (G4) en France ont publié récemment les dernières recommandations concernant l’imagerie médicale et les pathologies de la thyroïde.

Il est à préciser que le Maroc ne dispose pas d’une haute autorité de la santé.

Les pathologies thyroïdiennes sont fréquentes dans la population générale et affectent plus souvent les femmes que les hommes.

Elles revêtent différentes formes : il peut s’agir d’anomalies de fonctionnement de la thyroïde (dysthyroïdies : hypothyroïdie et hyperthyroïdie) et/ou d’anomalies de la structure de cette glande (goitre, nodule).

La prise en charge de ces pathologies pose des questions de pertinence et de qualité des examens à réaliser.

Depuis 2019, la HAS et le Conseil national professionnel de radiologie et d’imagerie médicale (G4) en France ont engagé différents travaux en partenariat en vue d’améliorer la pertinence des l’imagerie à laquelle il faudra recourir.

La principale recommandation à destination des professionnels impliqués dans la prise en charge des pathologies thyroïdiennes vise à réduire les échographies non pertinentes en cas de dysthyroïdies, d’améliorer le recours à l’échographie pour caractériser les nodules et d’augmenter la réalisation de cytoponction avant toute chirurgie de nodule.

Pas d’ablation des nodules de la thyroïde avant d’avoir réalisé une cytoponction

Les nodules de la thyroïde sont fréquents, on en trouve jusque chez 50% des personnes en population générale. Ils se caractérisent par une grosseur localisée au niveau du cou dans la glande thyroïde.

Le plus souvent, ils ne provoquent pas de symptômes et sont découverts sur une imagerie demandée pour une autre cause.

D’évolution lente, ils sont bénins dans au moins 90% des cas, bien qu'on note une augmentation régulière de l'incidence des cancers de la thyroïde (au moins en partie du fait de l'amélioration des moyens de diagnostic).

Dans sa recommandation, la HAS et le G4 rappellent que l’échographie est l’examen de référence pour caractériser le nodule et qu’elle doit être couplée à la scintigraphie dans des circonstances pathologiques particulières.

L’échographie va permettre de caractériser le nodule et de le classer selon un scoring.

Ce score permet d’identifier les nodules les plus à risque de malignité et de déterminer ceux qui doivent bénéficier d’une cytoponction.

La conduite à tenir ultérieure (nouvelle cytoponction, surveillance clinique et échographique ou chirurgie de la thyroïde) va dépendre des caractéristiques échographiques et des résultats de la cytoponction.

Toutefois, pour des nodules découverts par hasard, la balance bénéfice/risque d’une exploration et d’une prise en charge du nodule en termes de durée de vie et de qualité de vie peut ne pas être favorable et doit être discutée avec le patient.

Il est important que les médecins vérifient la qualité de l'échographie thyroïdienne réalisée grâce à des critères de qualité reconnus (notamment présence d’un schéma avec localisation de chaque nodule, description de chaque nodule avec score selon des normes internationales pour les nodules significatifs avec évaluation des aires ganglionnaires cervicales.

La HAS insiste sur l’importance de favoriser le dialogue entre le patient et le médecin tout le long de la prise en charge que ce soit pour permettre une décision partagée.

En cas de dysthyroïdie, l’échographie de la thyroïde ne doit pas être systématique

On parle de dysthyroïdie face à un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde. Soit la glande sécrète trop d’hormones, et il s’agit d’hyperthyroïdie, soit elle n’en sécrète pas assez et il s’agit d’hypothyroïdie. La HAS précise les indications et les non-indications de l’échographie lors de la découverte d’une dysthyroïdie.

Pour les hypothyroïdies qui sont plus fréquentes, l’échographie n’est en général pas indiquée sauf dans quelques situations (nodule ou adénopathie palpables ; présence de signes de compression qui entraînent une gêne pour avaler, respirer ou parler.

L’échographie peut être demandée dans d’autres cas, par exemple lorsque la palpation est difficile ou lorsque le patient présente un facteur de risque de cancer de la thyroïde.

 

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